Sur la crise financière des médias traditionnels

Pour simplifier, il y a quatre acteurs impliqués dans les médias présentement:

  • les usagers/lecteurs/consommateurs
  • les annonceurs qui cherchent à atteindre les premiers
  • les générateurs de contenu qui dépensent (journalistes) 
  • les plateformes (facebook, google, instagram, twitter, ...) qui ont les premiers.
Des constats:
  • Avec les médias traditionnels(journaux et télévision), les annonceurs n'ont qu'une idée sommaire de ce que les usagers écoutaient/lisaient leurs annonces. Avec les plateformes, ils ont des rapports extrêmement détaillés sur le moment, le profil des usagers, la localisation, leur goûts, leurs préférences, etc... On peut créer des campagnes hyper ciblées qui donnent des résultats détaillés, même si le produit annoncé n'a peut-être pas fonctionné. Avoir les résultats détaillés vaut même plus cher que le résultat des ventes. C'est pour un annonceur 100 fois plus intéressant. Ainsi, les médias traditionnels, journaux et télévision, de part leur côté intrinsèque (broadcast sans identification spécifique des usagers), ne pourront jamais offrir les "analytics" que fournissent les plateformes modernes. 
  • De plus, on sait que les jeunes ne lisent pas les médias traditionnels mais que les médias sociaux, alors que c'est complètement inverse pour les plus vieux. Où est le futur pour les annonceurs? les jeunes...  
  • Finalement, les médias traditionnels sont en retard sur la nouvelle. Lire son journal le matin ou le téléjournal à 22h00, ce sont des vieilles nouvelles, déjà largement publiées sur les plateformes.
Une conclusion préliminaire sur le financement des médias par les gouvernements
  • Donc, peu importe la quantité de sous qu'on mette dans les médias traditionnels pour continuer ce qu'ils font présentement, c'est inutile. C'est les garder sur le respirateur artificiel.
Pistes
  • Il faut donc inverser la situation. Il faut que les médias traditionnels produisent des contenus excellents, uniques et attrayants pour tous les âges (ce qu'ils sont capables de faire), qu'ils aient des usagers qu'on pourra vendre leur profil aux annonceurs (évidemment de façon agrégée et anonyme).  Les médias qui semblent passer au travers semblent avoir adopter cette direction.
  • Il faudrait trouver aussi un moyen de vendre le contenu aux plateformes (paywall?) ou tout au moins que les plateformes signent des ententes amenant des sous aux producteurs de contenu. 

Une humble contribution dans la discussion actuelle au Québec (et ailleurs)
  • Au lieu de donner des sous aux médias traditionnels pour les garder en vie, faudrait-il donner un montant X fixe à une coopérative qui regrouperait les différents médias, pour créer une plateforme commune moderne, en mode colocation, ou plutôt de partir d'une déjà conçue et de la partager. Toute numérique. La coopérative pourrait s'entretenir avec des cotisations annuelles de chaque média, pour continuer le développement de la plateforme, absolument vital. En ayant une plateforme moderne, branchée, avec du contenu attrayant, pertinent, unique, on attire les usagers, et donc les annonceurs et on change positivement l'assiette de revenus publicitaires dominée par les plateformes.
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